Actualités

Inacceptable !

Suite aux déclarations récentes concernant l’ajournement éventuel du Canal Seine Nord Europe, la Communauté de Communes Osartis-Marquion a décidé d’organiser sans tarder un Conseil Communautaire Extraordinaire vendredi 21 juillet à 18h à la salle des fêtes de Corbehem.


CC21.07

Michel Dagbert (au centre), Président du Conseil départemental du Pas-de-Calais, a fait le déplacement pour dénoncer ce changement de cap du gouvernement.


Pour rappel, par une déclaration en date du 6 Juillet dernier, le Ministre Nicolas Hulot a annoncé une « pause dans les grands projets nationaux d’infrastructures », dont le canal Seine-Nord Europe fait partie, ajoutant que ceux-ci seraient étudiés « au cas par cas ».

 

Les Elus de la Communauté de Communes Osartis-Marquion, totalement engagés pour la réalisation de ce canal depuis 2004 et le lancement de l’élaboration du Schéma de Cohérence Territoriale, ne se résignent pas à cette hypothétique pause dans la réalisation du projet et la considèrent comme étant totalement inacceptable.

 

Inacceptable car cela entraînerait purement et simplement la mort de ce projet : sans un démarrage rapide des travaux, les subventions conséquentes promises par l’Union européenne (à hauteur de 2 milliards d’euros pour un chantier annoncé à 4,7 milliards) seraient perdues, laissant le chantier dans une impasse financière. La participation financière de l’Etat, fixée à 1 milliard d‘euros, sera échelonnée sur les cinq années prévues pour la réalisation des travaux et ne peut donc constituer un argument valable en vue de remettre en cause un projet aussi structurant. Les collectivités locales qui ont validé leurs participations respectives (Conseils Régionaux des Hauts de France et d’Île-de-France, Conseils Départementaux du Nord, du Pas-de-Calais, de la Somme et de l’Oise) sont également soumises à des contextes budgétaires extrêmement tendus mais resteront fidèles à leurs engagements.

 

Inacceptable car le chantier est engagé et a déjà entraîné des centaines de millions d’euros de dépenses d’argent public, et en majeure partie dans les services de l’Etat : études d’avant-projet et de préfiguration de la société de projet au sein de VNF, fouilles archéologiques, coordination des services de l’emploi et de tous les acteurs du projet au sein des Préfectures concernées,… Les collectivités territoriales ne sont pas en reste avec un travail colossal mené par les Conseils Départementaux sur l’aménagement foncier, et au niveau des EPCI pour l’anticipation des retombées de ce fabuleux projet. Par ailleurs, des travaux physiques en lien avec le canal ont d’ores et déjà été achevés ou engagés, avec l’abaissement de l’A29 ou la mise en place de mesures compensatoires pour l’environnement.

 

Inacceptable car il est le seul grand projet national d’infrastructure dont l’utilité est reconnue de manière unanime par le monde économique, agricole, par les défenseurs de l’environnement, par les Elus de tous bords politiques, par les habitants. Une telle reconnaissance, dans un contexte où les projets d’aménagement se heurtent de plus en plus souvent à une contestation organisée, traduit toute l’excellence de ce projet.

 

Inacceptable car il s’agit d’un projet fortement pourvoyeur d’emplois, aussi bien en phase chantier qu’en phase d’exploitation, dans un secteur géographique qui a largement souffert des différentes restructurations industrielles depuis les années 2000. Il a notamment été estimé que le chantier générerait 13 000 emplois directs et indirects par an, et que son exploitation pourrait en générer jusqu’à 50 000 à long terme.

 

Inacceptable car il s’agit d’un projet indispensable pour la transition écologique, dans une Région où les flux de poids lourds sont parmi les plus importants d’Europe.  Réaliser le canal Seine-Nord Europe, c’est finaliser le réseau pour créer une autoroute fluviale performante au sein de la Région la plus dense d’Europe, permettant un report modal efficace de la route vers la voie d’eau.

 

Inacceptable car le canal aura des répercussions positives sur la santé des riverains des autoroutes de notre Région : en réduisant le nombre de poids-lourds qui les emprunteront, les conséquences négatives seront moindres pour les habitants, notamment lors des pics de pollution.

 

Inacceptable pour notre Communauté de Communes car notre projet de territoire, contenu dans le SCoT, est largement centré sur l’arrivée de ce canal et de ses retombées en tous genres : la création d’une plate-forme multimodale à Marquion, qui va entraîner la création de 2 900 emplois, nécessitera d’accueillir des habitants supplémentaires dans nos Communes, à qui il faudra proposer de nouveaux services, services qui créeront à nouveau du développement économique, et donc de nouveaux emplois, et ainsi de suite ; renoncer au canal Seine-Nord Europe, c’est détruire l’élément déclencheur qui permettra à notre Communauté de s’engager dans le cercle vertueux d’un développement durable et équilibré.

 

Inacceptable car le canal est aujourd’hui attendu de pied ferme par nos habitants et nos entreprises, qui ont bien noté « l’irréversibilité du projet » et l’engagement ferme de l’Etat français, comme l’avait annoncé François Hollande le 20 Avril dernier. Nous, Elus locaux, avons d’ailleurs largement relayé cet enthousiasme, en donnant ces derniers mois à nos concitoyens des précisions sur le calendrier prévisionnel des travaux, sur les impacts physiques du projet, ou sur les retombées escomptées. Un nouveau signal négatif sur ce projet, qui a déjà connu de nombreux soubresauts par le passé, entamerait considérablement la crédibilité du nouveau gouvernement auprès des habitants de la Région Hauts de France.

 

Inacceptable car ce canal fait déjà partie de notre paysage : l’essor de notre Communauté a été lié à l’utilisation de la voie d’eau (Scarpe canalisée, puis canal du Nord) et l’acceptabilité locale de Seine-nord a été excellente dès les premières études de tracé en 2003. Les habitants de notre territoire sont prêts à tirer le meilleur profit du canal et de toutes ses possibilités : touristiques avec les ouvrages d’art annoncés (pont-canal et écluses de Marquion et Oisy-le-Verger) et la création d’une « maison du canal » à Marquion, récréatives avec la création d’itinéraires cyclables, de chemins de randonnée et de pontons de pêche, et écologiques car le canal Seine-Nord constituera un véritable corridor pour la circulation des oiseaux et des poissons, dans un secteur peu pourvu en la matière.

 

Dans ces conditions, le Conseil Communautaire de la Communauté de Communes Osartis-Marquion, à l’unanimité :


  • Réaffirme sa volonté de voir les travaux du canal Seine-Nord se poursuivre dans le calendrier annoncé en avril dernier ;
  • Demande au gouvernement de lever toute ambiguïté en annonçant que le canal ne sera pas impacté par cette « pause dans les grands projets d’infrastructure » ;
  • Appelle toutes les forces vives intéressées par la réalisation de ce projet à se mobiliser pour démontrer tout l’attachement local, régional, national et européen à ce projet ;
  • Poursuit le travail partenarial engagé de longue date pour faire de ce canal une réussite sur les plans environnemental, social et économique.

Cadre

Toute l'actualité

Lien cliquable - Contactez nous