Le patrimoine

Eglise Saint Albin (Les vitraux)

 

Les vitraux par Georges Janin (1884-1955)

 

Fils du verrier nancéien Joseph Janin (1851-1910), Georges succède à son père à la tête de l’atelier fondé en 1835 par Victor Hoener. De 1912 à 1921 il est associé à Joseph Benoît, puis les deux hommes poursuivent leurs activités séparément. Le vitrail religieux domine la production de l’entreprise au cours des années qui suivent la guerre. Janin partage avec Benoît et la maison Champigneulles la moitié des chantiers de reconstruction dirigés par la coopérative diocésaine de Meurthe-et-Moselle. Sa contribution au décor vitré des églises du Pas-de-Calais s’inscrit dans une période très courte. De 1930 à 1932, il vitre partiellement ou complètement neuf édifices ; les réalisations les plus importantes sont celles de Bienvillers-au-Bois, Haplincourt et Sailly en Ostrevent. Les commandes proviennent exclusivement du clergé. Janin est avec Jacques Gruber et quelques autres verriers, une des personnalités marquantes du milieu artistiques nancéien. Ses vitraux civils témoignent de recherches originales. Il se livre à des essais d’inspiration cubiste : en 1926 un vitrail d’exposition intitulé Les sept péchés capitaux (Nancy, immeuble privé), montre une jeune femme nue aux formes géométriquement décomposées. Les effets inédits de matière l’intéressent également. Un ensemble de style Art Déco réalisé en 1927-1928 pour le siège de la Fédération patronale des boulanger-pâtissier à Nancy associe aux verres américains, antiques et mécaniques, des morceaux de miroir et des éléments métalliques incrustés dans le plomb. Dans le domaine de l’art sacré, l’artiste se montre plus routinier, soucieux de répondre aux goûts de la clientèle ecclésiastique. Tout au plus se contente-t-il d’introduire dans les motifs figurés des fonds de vitrerie à motifs géométriques, comme à Mercatel et à Haplincourt. Cette production comme celle de J. Benoît s’inscrit dans la mouvance de l’Art Nouveau. Le dessin simplifié des formes qu’accusent les plombs et d’épais traits noirs est le même que celui de son ancien collaborateur. La ressemblance toutefois s’arrête au graphisme. Janin témoigne d’une prédilection pour les compositions calmes et aérées qui tranchent avec les ordonnances complexes, volontiers baroques de son confrère. La principale différence réside dans la gamme de teintes acides employées par Janin, qui procurent aux vitraux une limpidité et une fraîcheur lumineuse incomparable.

Zoom Vitraux Saint Albin

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